Appel à projets 2022/2023 de la fondation - Date limite de dépôt des projets : 31/10/2022.

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Renouer le fil de l’emploi

Emploi

En cours

À Nemours en Seine-et-Marne, des professionnelles reconnues dans le monde de la confection transmettent la passion de leur métier à des femmes qui prennent ou reprennent le chemin de l'emploi.

Dans le chantier d’insertion porté par Initiatives77. La couture est plus qu’un support de formation : c’est pour ces femmes éloignées de l’emploi un moyen de sortir de chez elle et de s’émanciper en renouant les fils de leur vie personnelle, sociale et professionnelle. Le Fil de l’emploi et l’Atelier des couturières sont logés dans un local mis à leur disposition par une société de HLM, au cœur du quartier du Mont Saint-Martin. Cette cohabitation de deux structures œuvrant pour la réinsertion sociale et professionnelle des femmes éloignées de l’emploi est un plus.

Quelques chiffres

15 salariées accompagnées en contrat d’insertion depuis 2019

50% de sorties positives vers un emploi durable ou une formation qualifiante

440 participants aux camps jeunes

Le projet

Pourquoi ?

Initiatives77, organisme associé au Conseil départemental de Seine-et-Marne, est chargé de promouvoir sur ce territoire toutes les actions de nature à favoriser l’insertion professionnelle par l’accès à l’emploi, à la formation et au logement. Parmi ses missions, l’agence gère 22 chantiers d’insertion, employant plus de 290 salariés dans des secteurs d’activités très divers. Quel que soit le support de professionnalisation, la démarche consiste à partir du potentiel de chaque personne et à l’accompagner vers l’acquisition de nouvelles compétences valorisables dans le monde du travail. Dans le quartier politique de la ville du Mont-Saint-Martin à Nemours, c’est via l’apprentissage de la couture que le chantier Le Fil de l’emploi permet à des femmes de se remobiliser dans un projet professionnel.

Comment ?

Encadrées par une cheffe d’atelier hautement qualifiée, quatre salariées en contrat d’insertion se forment ainsi à 5 des 14 métiers de la couture : la coupe de tissu, la couture mains et machine, la broderie et le repassage. En vivant une véritable expérience de travail, elles reprennent confiance en leurs capacités et intègrent des savoir-faire transférables sur des emplois potentiellement accessibles. Ces femmes, accompagnées dans le cadre du Fil de l’emploi, cohabitent, au sein d’un même local, avec les bénévoles de l’Atelier des couturières, une association qui a été à l’origine de la création du chantier en 2018. La fondatrice et animatrice de cette structure associative, Chantal Joubert-Delaroche, une couturière de renom spécialisée dans la confection de robes de mariés haut de gamme, a en effet porté le projet du Fil de l’Emploi dans sa période de démarrage. Salariées du chantier et bénévoles continuent aujourd’hui de travailler sur les mêmes machines appartenant à l’Atelier des couturières.

L’engagement de la Fondation

Les synergies fonctionnent dans les deux sens : les bénévoles engagées dans l’association, très majoritairement des habitantes du quartier, peuvent se professionnaliser dans le cadre du chantier d’insertion ; l’accompagnement par des personnalités qui font référence dans le monde de la couture est pour les bénéficiaires un gage de reconnaissance de la qualité de la formation dispensée et des produits réalisés. La fondation Transdev a soutenu cette initiative en allouant une subvention de 11000 € consacrée au financement des travaux de rénovation et d’aménagement du local mis à disposition par une société de HLM, et à l’achat de divers matériels (couture, bureautique, petit équipement).

Résultats et impacts

Le Fil de l’emploi a vocation à faire de l’insertion, mais aussi, modestement, à créer de l’activité économique par la vente, grâce aux liens développés avec les entreprises pour lesquelles le chantier fait de la sous-traitance.

L’activité de production en fonction des commandes génère des ressources financières, elle apporte également aux bénéficiaires une expérience supplémentaire en matière de relation avec les clients et de respect des engagements. Emelia – la marque de confection développée à Paris par les sœurs Joubert-Delaroche –, l’entreprise responsable de vente en ligne Les Récupérables, l’hôpital de Nemours comptent parmi les clients du chantier. En 2021, la créatrice de la marque Issi Bâ s’est associée au Fil de l’emploi pour la production d’une partie de ses trousses et pochettes. L’objectif est aujourd’hui d’élargir ces débouchés en nouant de nouveaux partenariats.

Pourquoi la mobilité sociale ?

Christian Delaveau, directeur de Transdev Nemours, parrain de la fondation Transdev

« Le Fil de l’emploi s’adresse à des femmes marginalisées qui restent à l’écart des dispositifs classiques d’accompagnement. Ce sont des personnes que nous côtoyons néanmoins, car elles vivent dans un quartier desservi par nos bus, où vivent beaucoup de nos conducteurs. Le soutien apporté par la fondation donne encore plus de sens à notre métier. On parle de Transdev autrement que par le bus et cela humanise notre activité aux yeux de nos concitoyens : oui, un groupe d’envergure mondiale peut être engagé dans des actions solidaires dans leur quartier, à deux pas de chez eux ! »

Bruno Salou, directeur d’Initiatives77

« En atelier d’insertion, il s’agit moins d’acquérir des qualifications spécifiques que « d’apprendre, en apprendre » en développant des compétences variées. Le savoir être est au moins aussi important que le savoir-faire pour des personnes qui n’ont jamais été véritablement confrontées au monde du travail, ou qui s’en éloignées depuis longtemps. Pour autant, nous nous efforçons d’orienter nos actions et nos formations vers des métiers offrant de réels débouchés, en nous adaptant aux besoins du territoire. »

Magali Burg, salariée en insertion

«  J’ai été embauchée par le Fil de l’emploi en février 2021, avec un contrat renouvelable sur deux ans. Je travaillais à l’époque en intérim, sans véritables perspectives. Mais j’ai toujours aimé la couture que j’avais découverte au collège. Ma mère n’a pas voulu que j’aille toute seule à Paris faire un CAP. D’une certaine manière, je renoue avec mon rêve de jeunesse, même si je sais qu’à mon âge trouver un emploi stable ne sera pas forcément facile ! »

Pour aller plus loin…

Initiatives77

49-51 avenue Thiers
77000 Melun
b.salou@initiatives77

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