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L’exposition « Nés quelque part » poursuit son tour de France

Actualité

Médiation sociale

Cette exposition d’un nouveau genre, qui laisse une forte impression sur ses visiteurs, a déjà sensibilisé des milliers d’adultes, de jeunes et d’enfants aux défis du développement et du dérèglement climatique. Son message central : les destins de tous les habitants de la planète sont liés.

Elle a été lancée en décembre 2015 à Paris, à l’occasion de la COP21 et a ensuite été produite à Lyon en février 2016. C’est d’ailleurs pour réussir ce premier voyage que la Fondation Transdev a soutenu ce projet.

L’automne dernier, l’exposition a fait sa rentrée dans le Nord, à Roubaix. Elle partira bientôt pour Bordeaux, à l’espace Cap Sciences. Et après ? Strasbourg, Marseille, Nice ou Nantes sont intéressées… Exposition, spectacle, expérience ? Les mots manquent pour expliquer « Nés quelque part » à ceux qui ne l’ont pas vu. Y compris dans la bouche de ceux qui ont eu cette chance…

« Une aventure vécue ensemble »

« C’est intelligent et sensible, une réussite totale », témoigne ainsi Elise Jaillet, enseignante au lycée Charles Baudelaire de Roubaix, qui s’y est rendue avec une classe de seconde. « Je me revois à côté de l’un de mes élèves un peu mal-à-l’aise dans le groupe en début d’année, à plier des petites serviettes pour gagner trois sous, comme le font pour survivre des milliers de gens au Cambodge. Je revois la scène finale, où chacun explique aux autres le voyage qu’il vient de faire. Depuis, il règne dans cette classe une ambiance particulière comme si, professeurs et élèves, nous avions vécu la même aventure, sur un pied d’égalité. Toutes nos classes n’ont malheureusement pas pu la vivre, car ici « Nés quelque part » s’est pratiquement jouée à guichet fermé. »

Dans la peau de l’autre

Car les classes ou les familles qui franchissent les portes de l’exposition ne se retrouvent pas devant des objets ou des panneaux explicatifs, comme dans la plupart des expositions. Ils sont plongés par tirage au sort et par équipe, dans une autre réalité. Celle de Waito, au Cameroun, de Luisa, en Colombie, ou de Tamatoa, en Polynésie…

Dans leur peau et dans leur décor, ils doivent résoudre les problèmes vitaux que leur pose le dérèglement climatique, dans leur travail, leur santé, leur accès à l’eau ou à l’énergie… Des comédiens de chair et d’os, devenus le temps d’une scène leur voisin ou l’ancienne du village, les interpellent, leur expliquent la situation, leur demandent d’agir… Ils vont même jusqu’à leur faire goûter des spécialités locales !

Une autre façon de comprendre

Cécile Delalande
Présidente d’Ars Anima, l’association co-créatrice du projet avec l’Agence Française de Développement.

« C’est une autre façon de faire comprendre les enjeux du développement, bien plus efficace qu’en faisant appel à la seule raison des visiteurs, C’est amusant de voir, pour une fois, les enfants « traîner » leurs parents de salle en salle. C’est encourageant de voir des personnes revenir pour jouer un autre de nos 21 personnages. C’est stimulant de voir 85% des professeurs-accompagnateurs pleinement satisfaits. C’est réconfortant de voir nos visiteurs repartir convaincus que les destins de tous les êtres humains sont liés, que des solutions existent et que le développement durable est un espoir pour la planète. »

A la COP 22 aussi

Autre effet de ce succès, l’Agence Française de Développement a développé un site Internet ambitieux qui a déjà permis à 25 000 internautes de partager d’une autre manière le quotidien de ces héros du monde entier. Et pendant la COP22 de Marrakech, plusieurs histoires ont été racontées, place Jemaa El Fna, par les formidables conteurs marocains. Certains de leurs personnages étaient presque chez eux !

quelques chiffres clés

21 personnages à vivre dans 7 histoires

21,8K visiteurs à Paris, Lyon et Roubaix

7,5K élèves de primaire, collège, lycèe accueillis

ARS Amina : Nés quelque part