Appel à projets 2022/2023 de la fondation - Date limite de dépôt des projets : 31/10/2022.

Retour

LE BAL : aiguiser le regard critique des jeunes face aux images

Actualité

Éducation

Soutenue par la Fondation Transdev en mai 2021, l’association LE BAL est une plateforme indépendante, à la fois lieu d’exposition, d’édition, de réflexion et de pédagogie dédiée à l’image contemporaine.

À travers son pôle pédagogique La Fabrique du Regard, LE BAL mène des ateliers pratiques d’éducation à l’image auprès des jeunes, pour leur faire prendre conscience du monde qui les entoure et de leur capacité à s’y impliquer. Focus sur le programme Mon Œil ! destiné aux lycéens franciliens généralement éloignés des offres artistiques et culturelles.

ÉDUQUER LES LYCÉENS À ET PAR L’IMAGE

« À l’heure où tout est prétexte à capturer les images et à les diffuser, il est important d’offrir aux jeunes une éducation au regard. Penser le monde en images, devenir des regards conscients. » Comme le souligne le photographe Raymond Depardon, président et cofondateur du BAL, l’époque impose aux citoyens un regard critique face aux images, tandis que chaque jour, 100 millions de photos et vidéos sont notamment postées sur le réseau social Instagram et 4 000 photos chaque seconde sur Facebook. C’est pourquoi dès sa création en 2005, LE BAL, plateforme indépendante d’exposition et de réflexion sur l’image contemporaine, a choisi de consacrer la moitié de son budget et de ses effectifs à son pôle pédagogique, La Fabrique du regard, dédié à l’éducation à l’image. Sous l’égide de Diane Dufour et Christine Vidal, co-directrices  du BAL, La Fabrique du regard propose différents dispositifs pédagogiques d’éducation à l’image destinés à aiguiser le regard et l’esprit critique des jeunes publics (de 6 à 25 ans) et à renforcer leur capacité d’action citoyenne.

UNE CULTURE NUMÉRIQUE PARTOUT ET POUR TOUS

Le programme Mon Œil ! a été pensé pour les lycéens franciliens éloignés d’une offre artistique et culturelle et vivant dans les quartiers prioritaires de la ville, les zones rurales et périurbaines. Mon Œil ! propose des temps d’échanges interactifs, des ateliers pratiques et des sorties culturelles, avec comme fil rouge une thématique renouvelée chaque année. Après avoir travaillé en 2020 sur « Voir c’est croire, la preuve par l’image ? », cette année les quelque 500 jeunes franciliens impliqués dans le programme  s’attaqueront au thème  «  Images et Corps ». Pour Iris Bernadac, chargée de partenariats et développement à La Fabrique du Regard, « l’image  devient un prétexte pour aborder des sujets de société fondamentaux tels que le vivre ensemble, la crédulité, la manipulation des images, le rapport à l’autre, à l’histoire, à la mémoire. »  

Un premier temps d’exploration en classe permet aux conférenciers du BAL d’aborder la thématique choisie en s’appuyant sur la plateforme collaborative d’éducation à l’image ERSILIA, développée par l’association. « Cette plateforme digitale permet de travailler en séance numérique en classe, de distinguer et de faire des liens entre différents types d’images et d’acquérir une culture numérique éclairée », explique Iris Bernadac. ERSILIA rassemble des images de presse, d’archives, artistiques, documentaires, films, peinture, vidéo expérimentales. « Les ressources qui composent la plateforme permettent au conférencier d’aborder avec les jeunes le décryptage des images en les amenant à réfléchir à la maîtrise et à la protection de leur propre image. »

Le programme Mon Œil !

Le programme Mon Œil ! vise également à élargir l’horizon des jeunes en leur proposant des sorties culturelles. Une projection dans un cinéma partenaire (Cinéma des cinéastes, Fémis) est organisée en lien avec la thématique choisie. À l’issue de la projection, les jeunes sont invités à débattre et à analyser l’œuvre visionnée.  Les jeunes sont aussi invités à découvrir les expositions du BAL pour appréhender l’image fixe ou en mouvement sous un autre angle et leur faire découvrir le travail d’un artiste en lien avec la thématique de l’année. «Ces temps sont très importants, car ils permettent la mobilité des jeunes et supposent d’aller vers les lieux culturels », souligne Iris Bernadac. Les jeunes reçoivent à la fin de l’année un pass qui leur permet de revenir au BAL à vie.

Le dernier atelier offre à l’équipe enseignante et ses élèves la possibilité de créer une œuvre lors d’un workshop avec un professionnel (photographes, graphistes, artistes, journalistes, iconographes) et de découvrir les différents métiers de l’image.  La création collective (publication, photographie, film…) est ensuite restituée dans le lycée, mais aussi à la Fémis, partenaire du BAL, à l’occasion d’une grande exposition en fin d’année scolaire. « Nous valorisons le travail fait par les jeunes et nous encourageons leur diffusion avec des expositions hors les murs ou dans des festivals partenaires», précise Iris Bernadac. Certaines productions de La Fabrique du Regard comme « Révélation, la véritable identité des chats », ont ainsi été reprises de manière virale comme outils pédagogiques pour aborder la question du complotisme et des fake news jusqu’à atteindre le million de vues. En 2020, une nouvelle plateforme numérique a été créée pour encourager, pour rendre les créations des jeunes accessibles à tous.